Rose Pastel

Mon métier favori

Je n’ai jamais eu de métier favori. Je ne me suis jamais dit : "Plus tard, c’est ça que je veux faire, c’est sûr !"

Quand j’étais petite, je n’ai eu que des idées de métiers dont les petites filles rêvent : éleveuse de chevaux, de dauphins, et même de lapins quand on avait eu droit à notre propre lapin (on vivait dans une ferme). Puis, quand j’ai été abonnée à Witch Mag et que j’ai découvert l’histoire des Witch à la fin de chaque magazine, je voulais être illustratrice. Vous me direz que ce métier n’est pas impossible. Pourtant, au fil du temps, ce rêve s’est atténué, et c’est ce que je vais expliquer dans cet article.

Au collège, avec les copines, on se partageait nos mangas. J’ai alors adoré le Japon et le dessin manga. Puis au lycée, j’avais les options art-plastiques et histoire de l’art. Je préférais largement l’art-pla. L’histoire, même de l’art, ne m’intéresse pas plus que ça. Entre temps, mes parents me disaient "Plus tard, tu vas travailler chez Walt Disney".

Mon enfance a été baignée par les Walt Disney. On a commencé par le premier Disney du nom : Blanche-Neige et les sept nains. La sorcière me faisait peur, mais j’ai tout de même adoré. Puis, maman a acheté les cassettes suivantes. On les regardait en boucle. Plus grands, on connaissait les répliques par cœur. Encore maintenant, j’adore l’histoire de Pocahontas et de Belle dans la Belle et la Bête. Mon thème préféré est l’amour pour les êtres différents. J’aime un peu Tarzan aussi, mais moins que les deux autres. Il doit y avoir un côté plus sauvage avec trop d’animaux. Dumbo m’a attristée lors du passage où la mère éléphant enfermée balance son petit Dumbo en chantant une chanson tellement triste. Encore maintenant, ça me fait pleurer rien que d’y penser. Je ne pourrai plus le regarder. Rox et Rouky m’a également fait super chialer. Je l’ai revu il n’y a pas si longtemps, et il me fait toujours autant pleurer, au moment où la mamie doit abandonner Rox dans la foret car son voisin le chasseur veut s’en débarrasser. Je sais pas, les chansons, les dessins… tout y est pour faire chialer les plus sensibles. Ils sont vraiment très fort, chez Disney.

Alors, bien-sûr, ça serait le rêve de bosser chez eux. De voir son dessin prendre vie à l’écran, qu’il vive sa vie, comme Belle qui veut vivre autre chose que sa vie. Cette réplique est pour moi la plus importante de tout le dessin animé. Son rêve, c’est de changer de vie, peu importe ce qui lui arrive. Même si elle doit se faire enfermer à la place de son père, à passer le reste de sa vie avec une bête, elle le fait, car elle veut d’abord sauver son père, mais également tout faire pour s’échapper de ce petit village parfait et de ce Gaston qui la dégoute. Qui la dégoute tellement, qu’elle préfère être prisonnière d’une bête.
Bref, je ne vais pas faire la liste de tous les Disney.

Quand j’y ai pensé concrètement, quand j’avais l’âge d’envisager le fait d’être animatrice 2D-3D, je me suis dit que je ne serais jamais à la hauteur. Ceux qui dessinent chez Disney, ils en veulent, ils sont passionnés, ils dessinent dès qu’ils le peuvent. Moi, non. Dès que je le peux, je joue à des jeux vidéos, je prend l’air ou j’écris, mais je ne dessine pas tout le temps. Donc, je ne m’améliore pas assez vite, et pas de la manière dont je le veux. Je suis le genre de fille qui dessinait dans les marges de ses cahiers en classe, mais c’est pas pour ça que je suis une artiste.

Déjà, pour moi, tout le monde est artiste. Rien que le fait d’écrire, cela équivaut à dessiner des formes. Une belle écriture, c’est de l’art. Pareil pour une écriture patte de mouche. Elle a un style, elle est unique. Un stickman (personnage en bâtons), c’est de l’art. On peut faire plein de choses rien qu’avec un stickman. Une BD de sa vie, un logo, un tag… Tout est art. Tout le monde est artiste, donc personne ne l’est.

Pour continuer sur le fait d’être animateur 2D ou 3D, d’après les témoignages que j’ai pu trouver, c’est un métier éprouvant. Il faut travailler sans arrêt, et aller vite. Rien que le fait de savoir qu’une seconde de film équivaut à 25 images par secondes (réduit à 15 images par secondes en animation 2D), ça ne me motive pas du tout. C’est hyper long. Et je suis une fainéante. Il me faudrait un coach de l’animation, qui m’encourage, qui me botte les fesses, qui me fasse des bisous, qui me soulève et me fait asseoir devant l’ordi ou la feuille et me fasse tenir le crayon pour que je dessine, qui me donne de l’inspiration, mais surtout du courage. Parce que je sais que je n’y arriverais pas toute seule, si vraiment je m’y mettais.
Aussi, je me dis que puisque je n’ai pas démarré mes années d’études en animation 2D-3D, c’est mort. Ça veut dire que c’est pas une évidence pour moi. Donc, que je ne suis pas motivée à 100% par l’animation. Apparemment, pour le dessin, oui, car juste après le Bac, j’ai fait 1 an aux Beaux-Arts, année que je n’ai pas terminée, pour ensuite aller en faculté d’art-plastiques.

Durant mes études supérieures, j’ai mieux réalisé, sans forcément le vivre, à quoi pouvait ressembler la vie d’artiste. Surtout le côté obscur. J’ai lu tellement d’articles sur les métiers artistiques qui ont bouleversé mes plans. Je ne voulais plus devenir artiste. Les clichés sont vrais. Les artistes sont malmenés, mal payés, mal jugés, incompris.

Voici une petite liste des articles que j’ai pu lire pour accentuer mes propos :
- "Paye ton auteur : les auteurs en ont ras-le-bol de leurs conditions de travail", que j’ai découvert grâce à l’interview de Maliki sur ce même site.
- Une BD rigolote qui compare le métier d’artiste au métier de maçon, dénonçant les conditions du métier d’artiste.
- "Concours toujours pour être payé", qui dénonce les concours déguisés en travail gratuit.
- "Qu’est-ce que le travail spéculatif ?", une vidéo qui explique les différentes méthodes pour se foutre de la gueule des artistes.
- Le crowdsourcing présenté par Ludivine, Ludivine explique dans son article la définition du crowdsourcing : une plate-forme internet où les clients demandent à plusieurs designer de bosser pour eux, et qui rémunèrent l’unique travail qui leur plaît. Et les autres ont bossé pour nada.
- "De la diversité du métier", un article d’une bloggeuse qui explique qu’un designer indépendant doit savoir être pluridisciplinaire s’il veut bien gagner sa vie, et donc toujours savoir faire plus.

J’ai juste envie de tester différents métiers, et d’aller là où ça me donne le plus envie. Il faudrait que je fasse des stages un peu partout.